« Votre site n'est pas aux normes » : ce que vaut vraiment ce coup de fil
« Nous vous appelons car votre site ne respecte plus les nouvelles normes Google. » Cette phrase n'a aucun sens technique. Elle a en revanche une efficacité commerciale redoutable.
Tous les artisans reçoivent ces appels, souvent plusieurs fois par an. Le scénario est stable : une urgence technique que vous n'êtes pas en position de vérifier, un interlocuteur qui semble déjà connaître votre entreprise, et une solution disponible immédiatement si vous validez tout de suite.
Pourquoi l'argument est creux
Il n'existe pas de « normes Google » auxquelles un site devrait se conformer sous peine de sanction. Google publie des recommandations, fait évoluer son classement, et c'est tout. Un site peut être mal positionné : ce n'est pas une infraction, et personne ne vous appellera pour vous l'annoncer.
Deux obligations légales existent bel et bien (les mentions légales et l'information sur les cookies), mais elles relèvent du droit français et européen, pas de Google, et aucun démarcheur n'a autorité pour les constater.
Les signaux qui ne trompent pas
- L'appel se présente au nom de Google, ou « en partenariat avec Google ». Google ne démarche pas les TPE par téléphone pour refaire leur site.
- Une urgence est posée d'emblée : offre valable aujourd'hui, place réservée, référencement qui va « tomber ».
- Le prix est mensuel et paraît faible, mais la durée d'engagement n'est annoncée qu'à la fin, ou pas du tout.
- On vous propose d'envoyer un document à signer électroniquement pendant l'appel.
- On refuse de vous envoyer une proposition écrite à examiner tranquillement.
Ce que vous signez réellement
Ces contrats sont souvent des locations financières sur 36 ou 48 mois, parfois cédées à un organisme tiers. Conséquence pratique : même si le prestataire disparaît ou ne livre rien de convaincant, les prélèvements continuent, car votre interlocuteur bancaire n'est plus lui.
Le point le plus lourd reste la propriété. Dans la plupart de ces montages, le site, et parfois le nom de domaine, restent au nom du prestataire. À la fin du contrat, vous avez payé plusieurs milliers d'euros et vous repartez sans rien.
Quoi répondre, en 30 secondes
- « Envoyez-moi tout par e-mail, je ne signe rien par téléphone. » La conversation s'arrête là dans la majorité des cas.
- Si un document arrive : cherchez la durée d'engagement, le montant total sur la durée, et la clause de propriété du site et du domaine.
- Demandez 3 références locales joignables. Une entreprise sérieuse les donne.
- Vérifiez le SIRET et l'adresse sur l'annuaire des entreprises avant tout engagement.
Si c'est déjà signé
Un professionnel bénéficie d'un droit de rétractation de 14 jours dans certains cas, notamment lorsque l'entreprise emploie moins de 6 salariés et que le contrat sort de son activité principale. La question mérite d'être posée rapidement, car le délai est court. Au-delà, relisez les conditions de résiliation et faites-vous accompagner : votre expert-comptable ou une association professionnelle sauront orienter.
Une entreprise qui doit vous faire peur pour vous vendre un site ne vous vend pas un site. Elle vous vend un contrat.
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